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Le cas "Mons en Mieux": voir plus loin que le buzz

Ce n'est pas parce qu'on ne l'a jamais fait en Belgique que c'est mauvais ou qu'il ne faut pas le faire autrement


Régis Warmont - Responsable "éthique et valeurs" Ingénieur en technologies de l'information et management et électron libre en politique depuis 1996. Lundi, 22 Janvier 2018
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Actuellement, on parle beaucoup de la présence d'une (future ex?) cdH sur une liste d'ouverture à tendance MR pour Mons.
Le problème de ce débat, c'est que le fond est occulté par les personnalités en présence: le leader de la liste d'ouverture est un jeune aux dents longues très clivant et la nouvelle recrue n'a pas vraiment le profil de la jeune qui découvre la politique, ce qui choque ceux qui veulent y voir du changement.
Enfin, le projet présenté pour l'instant semble surtout s'opposer à une personne (et sa méthode de fonctionnement), ce qui n'est pas foncièrement novateur, ni constructif.

Mais si on passe outre cet exemple précis, que pourrait-on y voir?
On pourrait pour la première fois voir une liste basée sur un projet local qui dépasserait les clivages traditionnels pour mettre en avant "autre chose" de plus consensuel (passant outre le classique "gauche vs droite" par exemple) et qui n'hésiterait pas à présenter des candidats qui s'opposeraient à leur parti "de base" si ce dernier y présentait un projet auquel ils n'adhèrent pas.

Cette réflexion démontrerait qu'un parti n'est pas toujours être monolithique de la base au sommet et qu'il peut y avoir des visions différentes selon le niveau d'investissement mais surtout, qu'il est possible qu'elle s'expriment en dehors des partis.  Au niveau des listes communales, cela existe déjà, mais ce sont souvent les personnes choisies par l'appareil particratique qui ont droit de citer.  En effet, on peut trouver des coalitions "contre nature" dans certaines communes qui vont à l'opposé des coalitions d'autres niveaux de pouvoir mais souvent, ces coalitions ont été décidées au top du parti sur base d'un programme négocié à posteriori.

Ici, on pourrait avoir une possibilité de mettre en avant des valeurs et des idées qui rendraient une motivation à certains qui peuvent avoir une affinité avec une tendance politique, sans vouloir s'y attacher partout et tout le temps.
J'entends bien les arguments qu'un parti politique ne fonctionnerait que sur base de la défense par tous de l'avis majoritaire ou que s'opposer à son parti en local rendrait impossible les réunions servant aux discussions pour les niveaux supérieurs.  Peut-être parce que le système des "partis" ne fonctionne plus?
Peut-être doit-on envisager d'autres solutions?

On pourrait entrevoir le début de la possibilité de ne plus penser en dogmes particratiques mais bien en projets. Pouvoir, par exemple, défendre un projet de type "écolo" ou "social-libéral" à l'europe tout en croyant à un projet de type "humaniste" pour sa commune et soutenir un gouvernement wallon "libéral" ou "social", ou les deux.  Les projets seraient les véritables raisons pour lesquels le citoyen ferait un choix.
Ce serait un signe positif pour ce citoyen qui, à l'exception des militants formatés à la pensée du parti et aux mandataires obligés, se positionne souvent différemment selon les débats.
Le risque, si on ne va pas dans cette direction, serait qu'il n'y ait plus que les personnes ayant une vision dogmatique de la société qui acceptent d'avoir une étiquette politique.

Et on y est presque, soyons clair!

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